Répression contre les membres de “Secours Présent” : la traque s’intensifie

En l’absence de Madame Ntumba Mukengeshayi Nana, des agents de la police et des renseignements, en civil, ont procédé à l’arrestation de son neveu, Richard Félix Kazadi Bilambila, âgé de 20 ans, le 20 août dernier. Il a été appréhendé au domicile de l’une de ses tantes. L’information a été confirmée : le jeune homme est actuellement détenu dans un poste de police situé à proximité du ministère de l’Intérieur, non loin de l’Assemblée nationale.

Madame Ntumba, aujourd’hui recherchée, est une militante engagée pour les droits humains au sein de l’organisation Secours Présent. D’après nos sources, cette association est visée pour avoir mené une enquête dans la province du Grand Bandundu. Les résultats de leurs investigations mettent en cause des figures politiques et militaires influentes, originaires de cette même région, soupçonnées de complicité dans des crimes graves perpétrés depuis près de dix ans.

Depuis la publication de ces révélations, les membres de Secours Présent, ainsi que leurs familles, font l’objet d’intimidations, d’arrestations arbitraires, voire de poursuites les contraignant à vivre dans la clandestinité.

Richard Félix Kazadi, orphelin de père, vivait chez sa tante Madame Ntumba depuis l’âge de 15 ans. Celle-ci, en plus de ses propres enfants, accueille et élève plusieurs neveux et nièces dans son foyer, dont Richard.

Un climat de peur et d’insécurité s’est installé au sein des familles des membres de l’organisation depuis la dénonciation des crimes commis dans plusieurs localités de la province : Kimono, Mbenzale, Dumu, Falwo, Bibonga, Engweme et Bisiala. Les faits rapportés par l’enquête évoquent une implication directe ou indirecte de certains leaders politiques et militaires dans ces exactions.

Ce n’est pas un cas isolé. Le 19 février 2024, Madame Sarah Bolunza et son frère Guy-Noël Bolunza respectivement épouse et beau-frère de Scott Makundika, membre de Secours Présent avaient également été arrêtés en l’absence de ce dernier, puis relâchés après plusieurs jours de détention.

Le 22 avril 2024, Madame Gemima Lumingu Odia, autre membre de l’organisation, avait été arrêtée à l’intérieur du pays avant d’être transférée à Kinshasa, où elle a été maintenue en détention plusieurs jours sans contact avec sa famille.

Plus récemment, le 16 août 2024, Fany Kana Kabongo, nièce de Madame Ntumba et élevée par cette dernière, a été interpellée par les services de renseignement. Elle a passé presque toute la journée dans leurs bureaux, également en l’absence de sa tante.

Ces événements posent de sérieuses questions sur l’état de la démocratie en République Démocratique du Congo. Le gouvernement, tout en vantant l’État de droit, semble tolérer voire orchestrer des actes d’intimidation et de répression contre ceux qui osent dénoncer les injustices.