RDC : une activiste recherchée après avoir enquêté sur des disparitions suspectes liées à la police

Une affaire troublante mêlant disparition, violences et soupçons de pratiques illégales au sein de la police nationale suscite l’inquiétude. Au cœur de cette situation : Mademoiselle Luzolo de Fatima Benedita, activiste des droits de l’homme, aujourd’hui recherchée après avoir mené des enquêtes sur deux affaires aux similitudes troublantes.

Tout commence en décembre 2025, lorsque Luzolo s’intéresse à la mort de l’étudiant Mutamba Mukengeshayi Espoir, dont le corps est retrouvé le 16 décembre. Sa moto est récupérée par la police, qui affirme l’avoir saisie auprès de bandits. Cependant, après les funérailles, les autorités exigent de la famille de la victime le paiement de 200 dollars pour la restitution du véhicule, sans fournir d’explications sur les circonstances de sa récupération.

Déterminée à faire la lumière sur cette affaire, l’activiste entreprend de reconstituer les événements ayant précédé la mort de l’étudiant. Ses recherches la conduisent à un second cas survenu dans la nuit du 14 au 15 janvier 2026.

Cette nuit-là, un motard-taxi est agressé par deux hommes armés en tenue civile alors qu’il transporte une cliente. Il parvient à s’échapper à pied, laissant derrière lui la moto et sa passagère. Fait troublant : la moto sera par la suite retrouvée au même poste de police que celle de l’étudiant décédé. Comme dans le premier cas, la police exige également une somme de 200 dollars pour sa restitution, affirmant l’avoir récupérée auprès de présumés bandits, jamais identifiés.

Mais un élément aggrave la situation : la cliente du motard demeure introuvable. Selon les déclarations du conducteur, la police nie toute connaissance de son existence et se dit incapable de retrouver les agresseurs.

Face à ces similitudes — deux agressions dans un périmètre restreint, deux motos retrouvées dans le même commissariat, des demandes d’argent similaires et une disparition non élucidée — Luzolo intensifie ses investigations.

Le 17 janvier 2026, une nouvelle information attire son attention : la disparition d’une étudiante de 21 ans dans la même zone et à la même période que l’agression du motard-taxi. L’activiste établit rapidement un lien potentiel entre les deux affaires. Elle recueille des informations auprès du motard, notamment sur l’apparence de la cliente disparue, puis entre en contact avec la famille de l’étudiante. Une rencontre est organisée entre les deux parties, renforçant les soupçons de correspondance entre les faits.

Cependant, le 22 janvier 2026, la situation prend une tournure dramatique. Luzolo de Fatima est arrêtée par des policiers du poste de l’UPN, avant d’être transférée au commissariat de Lingwala. Elle y est détenue pendant deux jours dans des conditions jugées irrégulières, avant de parvenir à s’échapper.

Depuis, elle est activement recherchée. Selon plusieurs sources, cette traque serait liée aux informations qu’elle aurait transmises à la famille de l’étudiante disparue, identifiée comme Nzunzi Radegonde, toujours introuvable à ce jour.

Cette affaire soulève de nombreuses questions sur le rôle des forces de l’ordre dans ces événements, ainsi que sur les pratiques dénoncées par plusieurs témoins. Entre disparitions inexpliquées, demandes d’argent et absence de résultats dans les enquêtes, les zones d’ombre restent nombreuses.

Des voix s’élèvent désormais pour réclamer une enquête indépendante et faire toute la lumière sur ces faits, alors que le sort de l’étudiante disparue et celui de l’activiste en fuite continuent de préoccuper l’opinion publique.